"Un revanchard,
un bosseur"

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Publié le 22/07/2015 à 11h52
Modifié le 22/07/2015 à 11h52

tfc.info n'a reculé devant aucun obstacle pour vous présenter sa nouvelle recrue! Après les refus de Luis Figo et José Mourinho, en vacances, nos spécialistes Portugal et Amérique du Sud ont la parole. Enquête!

Un début de carrière loin d'être linéaire
Avant de découvrir plusieurs championnats européens, dont le Calcio, Mauro Goicoechea était un des grands espoirs du football uruguayen au poste de gardien. Un talent brut qui lui a ouvert les portes des sélections jeunes de son pays, côtoyant la déjà redoutable doublette Edinson Cavani - Luis Suarez. En club, le natif de Montévidéo ne tarde pas non plus, et devient à 21 ans le rempart du club de Danubio. Une place qu'il conservera pendant 75 matchs consécutifs, sans aucune interruption.
 « Mauro Goicoechea était le gardien de la sélection u17 puis de l'équipe u20 de l’époque Cavani – Suárez. Il sort de Danubio, reconnue pour être l'une des meilleures écoles du pays. A seulement 21 ans, il s'était installé dans les buts du club et avait été repéré par la Roma après une superbe dernière saison avec la Franja (surnom du Danubio). Mauro Goicoechea était notamment le gardien ayant concédé le plus petit nombre de buts au cours de cette saison 2011-2012. »
Nicolas Cougot de Lucarne Opposée

 
A 24 ans, il quitte l'Amérique du Sud pour découvrir l'Europe. Il compte treize titularisations en championnat, avec une ligne de finaliste de la Coupe d'Italie à son palmarès. Si certains buts encaissés restent en travers de la gorge des supporters romains, Mauro compte tout de même 50% de victoires toutes compétitions confondues avec la Louve, soit le même pourcentage que le portier titulaire Marteen Stekelenburg... Pourtant, à l'issue de sa première saison en Italie, le coéquipier d'Adrian Gunino n'est pas conservé par la Roma et retourne dans son club formateur. Seulement, pendant son absence, la place de titulaire a été attribuée à un nouveau produit de Danubio, également international Espoirs uruguayen, Salvador Ichazo.
Bloqué par son jeune partenaire, Mauro quitte définitivement l'Uruguay en février 2014, pour l'Otelul Galati en Roumanie. Sa première titularisation sera suivie de quatorze autres, sans jamais retourner sur le banc des remplaçants. Il permet à son nouveau club de grimper au classement, réalisant notamment cinq clean sheets en quinze rencontres. Cette superbe deuxième partie de saison suscitera logiquement l'intérêt de plusieurs clubs conquérants sur le marché des transferts.
La reconnaissance au Portugal
Flairant la bonne affaire, le club portugais d'Arouca se positionne sur ce profil, avant de le faire signer en juin 2014. Mais avant de revenir sur sa superbe saison, et pour mieux comprendre l'environnement dans lequel évoluait Mauro, Nicolas Vilas nous présente rapidement ce club atypique.
 « Arouca est un club « jeune ». Fondé dans les années 1950, il découvre depuis peu le haut niveau. Il va entamer une troisième saison (de suite) en Liga et est devenu le porte-drapeau du district d’Aveiro, depuis la crise que subit le Beira-Mar. Il a connu une ascension rapide vers l’élite, au point de ne disposer que de moyens humains, techniques et financiers limités. Son budget était de 3 millions d’euros, il y a un an. Mais sa gestion est raisonnable et raisonnée. Arouca est l’autre réalité du foot portugais. Celle dont on parle très (trop) peu, tant les grands s’accaparent l’attention, les millions et les passions. Son existence et ses performances sont d’autant plus importantes et louables »

Loin des projecteurs braqués vers le Benfica ou le FC Porto, Mauro Goicoechea parvient tout de même à se distinguer au fil de ses performances.
 « Il a connu le grand saut - peut-être un peu trop grand, un peu trop tôt - à la Roma, a connu la Roumanie et le Portugal. Arouca est un club modeste et pourtant, Goicoechea n’y est pas arrivé comme LA star. A peine avait-il signé que des rumeurs annonçant l’arrivée d’un autre gardien circulaient. Il s’est battu pour gagner sa place. C’est un revanchard, un bosseur. Et ça, n’importe quel entraîneur vous dira que c’est une qualité pour un joueur de haut niveau. Goicoechea a surtout commencé à faire parler de lui après un match à Alvalade face au Sporting. Arouca s’était incliné mais il avait stoppé un penalty de Nani. Il l’a confié lui-même après le match : les regards sur lui ont changé à ce moment-là. Avant, on se souvenait surtout de lui pour sa boulette avec la Roma contre Cagliari (2-4). »

 

Ses statistiques flatteuses sont loin de celles d'un portier luttant avec son club pour le maintien. Sur les 50 buts concédés en 33 matchs, 17 ont été encaissés contre les trois grosses écuries du championnats (Porto – Benfica et le Sporting Portugal). Notons également 7 clean sheets, notamment face au quatrième Braga et au club de Belenenses, surprenant sixième.
 « Il a fait de bons matchs à Arouca. Il a eu le malheur d’en prendre beaucoup contre Benfica, Porto et le Sporting, mais il a effectivement eu un impact sur les résultats de son équipe lors des confrontations directes. Il est clair qu’à Arouca, il devait être très important dans le vestiaire. L’équipe était très jeune, avec notamment des gars prêtés par les grands clubs portugais, et j’imagine qu’il a aidé son entraîneur à créer un équilibre dans le vestiaire. C’était l’un des rares joueurs expérimentés de l’effectif donc j’aurais tendance à dire que c’était un leader. »
William Perreira, journaliste chez  So Foot

A l'issue d'une saison compliquée, Arouca parvient à arracher son maintien, un exploit pour un club aussi modeste. Le portier uruguayen apparaît même comme l'artisan majeur de ce succès. Désormais joueur du Toulouse Football Club, Mauro va découvrir à 27 ans un cinquième championnat. Avec son nouveau coach André Biancarelli et ses coéquipiers Ali Ahamada et Marc Vidal, le club est persuadé que Mauro pourra apporter sa soif de vaincre aux Violets !
Son profil vu par nos spécialistes
« De son passage à Danubio j’en garde l’image d’un gardien élégant dont les principales qualités étaient d’être excellent sur sa ligne, redoutable sur les penalties et doté d’un bon pied droit et d’une vision du jeu qui lui permettait de vite réagir dans les face à face mais surtout de se muer en véritable premier relanceur. »
Nicolas Cougot de Lucarne Opposée

 « C’est un très bon gardien sur la ligne. Il est longiligne, fin. Pas immense en taille (1m86), il a le morphotype des meilleurs gardiens uruguayens de ces dernières années. Lui se dit fan de Fabian Carini et de Buffon. On peut dire qu’il a bon goût. Et comme il l’explique lui-même, quand on a un modèle, on a tendance à l’imiter de façon plus ou moins consciente. »
Nicolas Vilas, journaliste pour Ma Chaîne Sport et RMC Sport.

 

Sa personnalité
 « Il apparaît comme un homme assez réservé, timide. C’est presque cliché mais peut-être est-ce lié à son poste. Dans l’une de ses interviews, il expliquait être casanier et ne pas aimer les grandes villes. Son épouse et lui n’apprécient pas les bouchons, l’agitation... Toulouse est entouré de charmants petits villages, non ? Un épisode lié à Buffon, l’un de ses modèles, traduit l’un des traits de sa personnalité. Il avait eu la chance de le croiser en Italie, lorsqu’il était à l’AS Rome. Mais il n’a pas osé aller lui demander un maillot. Il a alors mandaté l’un de ses coéquipiers appelé en sélection d’Italie qui lui a fait ce plaisir. Et puis, il est aussi ambitieux. Il a connu les équipes de jeunes des Charruas et atteindre les A est un objectif assumé.
Nicolas Vilas

Merci à Nicolas Vilas pour sa gentillesse. Pour aller toujours plus loin dans la culture portugaise, retrouvez également l'excellent article de William Perreira sur Arouca, le précédent club de Mauro Goicoechea. Enfin, tfc.info remercie Nicolas Cougot pour sa disponibilité ! N'hésitez pas à faire un tour sur son site Lucarne Opposée, qui était dernièrement au Chili pour la dernière Copa America !

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