Portrait de femmes inspirantes - Camille,
directrice My Sport Agency

Partager l'article
Publié le 17/03/2021 à 12h00
Modifié le 17/03/2021 à 12h00

Dans le cadre du programme solidaire "11+1" porté par la Fondation TFC, le mois de mars est dédié à l'égalité femmes-hommes dans le sport et au leadership féminin. Découvrez cette semaine le portrait de Camille Naude, directrice de My Sport Agency.

Camille, quel est ton parcours ?

J'ai eu un parcours assez classique. Après ma scolarité au collège et au lycée Berthelot à Toulouse, j'ai intégré une faculté de droit, en me spécialisant dans le droit privé et le droit des affaires. J'ai décroché un M2 pour travailler dans la gestion des droits des sportifs professionnels. Par la suite, j'ai eu des opportunités pour travailler dans l'événementiel, en plus de mes activités comme footballeuse, et c'est comme cela que j'ai créé mon agence.

Quelle est la place des femmes dans ton environnement professionnel ?

Parmi les premiers sportifs avec lesquels j’ai travaillé, il y avait un nageur, un skieur ou encore un boxeur. Donc en réalité, bien peu de femmes par rapport aux hommes, seulement une grimpeuse et une footballeuse. Et c’était un peu délicat, au début, de gérer la disparité entre un sportif et une sportive. 

Comment l'expliques-tu ? 
Les sportives avec lesquelles je travaillais n’étaient pas conscientes de l’image qu’elles développaient. Et paradoxalement, c’étaient les mieux armées pour en faire la promotion, parce qu’elles le faisaient naturellement, par leurs propres moyens, surtout sur les réseaux sociaux. De plus en plus de femmes communiquent sur les nouveaux médias et sont capables d’être autonomes. En fait, la place de la femme a beaucoup évolué grâce à elles-mêmes. Je ne suis pas sûr qu’elles confient plus leur image aux agences, mais elles parlent davantage sur les réseaux sociaux. De nombreuses sportives, comme Megan Rapinoe (ndlr : capitaine de la sélection américaine championne du Monde en 2019) par exemple, permettent aussi aux sportives de prendre conscience que leur parole à un poids et une valeur.

À titre personnel, quelle est ta place dans ton agence ? 
À l’agence, nous sommes six, et je suis la seule femme. Ce n’est pas fabuleux, et nous sommes tous d’accord pour dire que le prochain recrutement sera une femme, parce que l’équilibre est important. En externe, on fait attention à la mixité des événement qu’on porte. Certes, la “Women's French Cup” est une vitrine, on la porte depuis maintenant quatre ans. Mais d’une manière générale, on promeut tout ce qu’on peut et on fait attention à inclure au maximum.  

Penses-tu qu’il existe un leadership “féminin” ? 
Bien sûr qu’il existe, et j’imagine que ça vaut tous les leaderships masculins. Mais il existe quand il est naturel, légitime et porté comme il le faut. Le binôme parfait, c’est l’équilibre entre le leadership masculin et féminin, la mixité. L’important, c’est d’avoir des regards différents, des sensibilités différentes et d’en profiter. En réalité, le leadership féminin parfait serait d’arriver à se faire entendre en n’étant jugé que sur le discours, sans avoir à se demander si c’est un homme ou une femme qui le porte. 

Quelles sont les valeurs portées par le leadership “féminin” ? 
Je pense qu’on apporte une empathie et une sensibilité différente, par rapport à ce que la société nous impose. Dans un monde parfait, être un homme ou une femme ne devrait pas être synonyme de valeurs différentes. Mais quitte à ce qu’elles existent, autant les rendre complémentaires, se servir de chacune d’elles dans son environnement, personnel et professionnel. Je pense que dans mon agence, je suis peut-être la plus dure, mais dans le respect général et l’harmonie. J’essaye de transmettre d’autres messages, pour apporter une autre expérience et provoquer un peu. 

Quel rapport as-tu au Stadium et au TFC ? 
C’est un stade que je connais depuis toujours, j’habite à Saint-Michel. Le trajet entre mon domicile et l’île du Ramier, je l’ai fait des centaines de fois. J’ai toujours dit que je ferai quelque chose ici. J’y ai longtemps joué, et je rêve aujourd’hui d’y organiser un événement, c’est mon stade !

Merci Camille de ces échanges et rendez-vous dans une semaine pour un nouveau portrait d'une sportive inspirante !