Graine de Pitchouns
- Thomas Himeur

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Publié le 28/02/2020 à 20h15
Modifié le 28/02/2020 à 20h15

Retenu dans le groupe par le coach Denis Zanko pour affronter Rennes, Thomas Himeur fête ce week-end sa première apparition officielle chez les pros. Pour mieux connaître le garçon, retrouvez son portrait, publié pour la première fois en avril 2019. 

Il n'aura pas hésité plus de trois petites secondes au moment de revenir sur ses récents exploits : "Évidemment, cet arrêt, et cette joie derrière avec le public, restent à ce jour mon meilleur moment de football vécu depuis mes débuts." Une parade décisive, propulsant alors son club formateur au Stade de France, pour la troisième fois seulement de son histoire. Et pourtant, il est peu dire que le parcours de Thomas n'a rien eu d'évident cette saison.

Si le natif de la Ville rose ne partait pas de nulle part avant son quart de finale face à Tours, Thomas revient tout de même de (très) loin. "C'est clair que depuis ma blessure en début de saison, je rêvais du Stade de France, mais davantage dans la peau d'un remplaçant, derrière Jean-Jacques (ndlr : Woto)". Seulement, titulaire et impeccable au poste lors des quatre premiers tours, Jean-Jacques se blesse à la main au retour des vacances et se voit contraint de céder sa place juste avant le quart de finale au Stadium. Thomas, jusqu'ici relégué dans l'ombre, se retrouve alors dans l'obligation de briller. 

 

Ici, il a tout connu 

Pour le garçon, le football et les gants ont commencé tôt. Formé au FC Montlaur, club haut-garonnais au sein duquel ses amis évoluent encore, Thomas rejoint finalement St-Orens-de-Gameville durant deux ans (9-11ans), auprès de ses coachs Damien Aubé et Jérôme Cousiné, se spécialisant dans le même temps au poste de gardien. "J'étais grand, j'avais de bons réflexes, c'est presque naturellement que je me suis installé dans les buts. Avant cela, j'étais aussi attaquant. Mon grand-père, mon père et mon frère font aussi du foot. Ma mère, elle, est plus handball. On est une vraie famille de sportifs !" À onze ans, il débarque alors sur l'île du Ramier, et rencontre ses premiers coachs violets, Benjamin Moliniez et Dimitri Farbos.

Le garçon ne quittera plus l'environnement du club, enchaînant les catégories, avant de filer à la préformation. Damien Hervé l'y attend. Les deux hommes ne se quitteront presque plus."C'est clair qu'aujourd'hui, Damien est peut-être la personne qui me connaît mieux au Centre de Formation. Il y a cette relation de confiance qui compte au quotidien, quand tu joues mais aussi quand tu dois revenir". Sa progression, elle, ne fait rapidement guère de doutes. Alors U15, le garçon est déjà surclassé pour évoluer et se tester avec les U17. Plus tard, en août 2017, Thomas fait partie d'un regroupement au sein de l'équipe de France U17. Neuf mois plus tard, il participe à la finale du championnat de France U17, aux côtés de sa génération 2001. Rien ne semble alors arrêter le Pitchoun, du moins avant cette blessure contractée en début d'exercice.

 

ReTours gagnant

Le 17 mars 2019, après six mois d'absence, Jean-Christophe Debu titularise donc Thomas pour le quart de finale de la Coupe Gambardella. Un événement majeur pour le Centre de Formation. Le portier vient juste de finaliser son retour dans l'équipe, et reste sur trois buts encaissés face à Béziers le week-end précédent, sur la même pelouse (4-3). Loin d'inquiéter Damien pour autant : "Évidemment, les repères sont importants pour un gardien, surtout à cet âge. Mais Thomas dispose d'un mental hors-normes. Ces rencontres, importantes, il en a déjà disputées. Il sait comment s'y prendre pour être performant le jour J"

Alors que la partie reste longtemps indécise, Thomas réalise le premier arrêt décisif de la rencontre, avant que son partenaire Amine Adli ne débloque le tableau d'affichage quelques instants plus tard. Au retour des vestiaires, Nathan Ngoumou fait le break. Le dernier rempart, vigilant, jusqu'au bout, sort plusieurs tentatives adverses, avant d'attirer définitivement la lumière sur lui. Un penalty arrêté, à dix minutes du terme, scelle l'issue du match. Le voici de retour ! 

 

Le héros de Montpellier

Homme fort de la qualification pour la demie au Stadium, Thomas se doit donc d'enchaîner au tour suivant, trois semaines plus tard. Face à lui, l'attaque montpelliéraine est prête à dégainer. Porté par une défense imperméable depuis deux rencontres pleines, le Pitchoun ne s'illustre véritablement qu'au retour des vestiaires, sur une frappe du latéral héraultais : "C'était important pour ma confiance, pour celle de mes partenaires aussi. Jusqu'ici, j'avais des relances à réaliser au pied, et des interventions dans les airs. Mais ce premier arrêt a lancé mon match."

La suite appartient désormais à la légende du Stadium. Une séance de tirs au but au cours de laquelle il interviendra à deux reprises, et passera proche d'un arrêt supplémentaire sur le deuxième tir. "Bien sûr que tout est travaillé. Les penalties, c'est une guerre de confiance entre le tireur et le gardien. Le cérémonial avant la frappe est très important. Pendant longtemps, je n'arrivais pas à sortir d'arrêts dans cet exercice. J'en suis à trois en deux matchs..."

Une réussite félicitée aussi par son coach Jean-Christophe Debu : "On ne peut être qu'heureux pour lui, parce qu'il a pris la succession de Jean-Jacques alors que ce n'était pas simple. Malgré tout, il avait et on avait confiance en lui. Thomas est un bon gardien, intègre, qui ne triche jamais. Le voir réussir, c'est sa récompense".

Dans un poste aussi concurrentiel que celui de gardien, Thomas n'en oublie pas pour autant son partenaire : "J'avais aussi une responsabilité vis à vis de Jean-Jacques, qui avait fait le travail en début de parcours. Je devais poursuivre la bonne série des gardiens du TFC !". Un an plus tôt, Thomas avait été l'un des artisans principaux de la superbe saison des U17 d'Anthony Bancarel, avant de voir Jorys Mohimont lui être préféré pour le quart (Lyon 0-5) et la demie (Troyes 4-1). Pour la finale face à Rennes, il retrouvait les cages, mais devait se contenter du titre de vice-champion. 

 

La tête sur les épaules

"Thomas, dans la tête, c'est quelque chose, il faut aussi s'en rendre compte. Il est acteur de son projet depuis son arrivée à onze ans, autant sportivement que scolairement. Il sait jusqu'où il veut aller. Il a obtenu son baccalauréat (mention) avec un an d'avance." Un parcours sans-faute donc, présenté par Damien Hervé, auquel il convient également d'ajouter un premier semestre en École de Commerce totalement validé, malgré une lente rééducation aux côtés du très chambreur Paul-Alexandre Cachart. "Quand tu te blesses gravement, et que tu te passes ta rééducation avec "P-A", je peux te garantir que tu n'as qu'une seule envie, c'est jouer et quitter les soins ! (rires)"

Pour réussir, sur les terrains et en dehors, le garçon met donc toutes les chances de son côté, avec souvent un planning XXL. Un sérieux et une assurance visibles au quotidien, à l'image de la bienveillance qu'il témoigne envers l'ensemble des salariés du Toulouse Football Club. En 2001, année de naissance du Pitchoun, Enzo Enzo remportait la chanson de l'année pour son titre "Juste quelqu'un de bien". Le hasard fait parfois bien les choses. 

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