Graine de Pitchouns -
Temitope Akinjogunla

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Publié le 16/10/2019 à 18h00
Modifié le 17/10/2019 à 12h38

Comme chaque mercredi, partez à la découverte d'un Pitchoun de demain. Aujourd'hui, focus sur le précoce Témitope Akinjogunla, international tricolore sélectionné pour la prochaine Coupe du Monde U17, titulaire avec la National 3 à seulement seize ans !

Pour la première fois de sa jeune carrière, Temitope va devoir patienter. Jeudi dernier à Pau, en amical face à Eibar, une panne générale d'électricité est venue priver le garçon de sa première apparition avec le groupe professionnel toulousain, lui qui s'apprêtait à fouler la pelouse. Un léger contre-temps pour cet éternel surclassé, déjà retenu pour la préparation estivale du groupe professionnel en Espagne, sans entrer en jeu. Depuis le début de saison, le défenseur enchaîne les matchs et les catégories à vitesse grand V, du championnat U19 à celui de National 3. Talent certain du Centre de Formation, le natif de la Ville rose s'est aussi fait, depuis quelques mois, une place en sélection, sous les ordres de Jean-Claude Giuntini. 

Un parcours parfait récompensé ces derniers jours par une sélection pour la Coupe du Monde U17 : "C'est une énorme satisfaction, et une fierté pour ma famille et mes amis. J'ai bossé dur, depuis plusieurs années, pour en arriver là. Ne pas faire la Coupe du Monde aurait été un gros regret, même si ce n'est pas une finalité. Je vais pouvoir représenter mon pays et mon club, ce n'est pas donné à tout le monde, j'en ai conscience". Vainqueur du Tournoi de Limoges en septembre dernier, c'est avec confiance qu'il a pris mardi la direction de Clairefontaine, avant de rejoindre le Brésil pour une entrée en lice prévue le  27 octobre prochain face au Chili. 

 

Surclassé et polyvalent 

Rares sont les joueurs surclassés à performer dès leur première saison au sein de leur nouvelle catégorie. Témitope, lui, est un habitué de ces écarts d'âge : "J'ai toujours joué face à des plus grands que moi, donc je ne suis pas dérangé par ça. En National 3, il m'arrive d'affronter des joueurs qui ont le double de mon âge (rires), mais chaque championnat a sa spécificité. Il n'y en a pas un plus simple que l'autre. L'important reste de s'adapter. J'ai commencé en National 3 déjà la saison passée, et je n'ai ressenti vraiment aucune pression pour ma première. Ce relâchement, c'est dans mon caractère, il m'aide à performer et ne pas stresser. Je ne me crois pas arrivé pour autant, je dois garder la tête sur les épaules. Les Coachs sont là pour me le rappeler dès qu'ils estiment nécessaire de le faire." 

S'adapter, l'une des grandes forces du jeune garçon, qui fêtera ses dix-sept printemps en novembre. "Petit, je jouais un peu à tous les postes, milieu côté comme attaquant. J'étais devant, derrière, y compris au pôle de Castelmaurou. Puis je me suis fixé progressivement derrière, au début au poste de défenseur central avant de découvrir au TFC celui de latéral droit." Solide sur les appuis, le garçon peut faire profiter son équipe d'une belle pointe de vitesse lorsqu'il est aligné sur le côté. "C'est un poste que j'aime beaucoup, c'est évident. J'ai encore parfois, au cours des matchs, cette envie d'apporter offensivement. J'ai découvert progressivement les devoirs du latéral, notamment avec l'aide du Coach Debu, qui me partage les postures à connaître pour bien défendre sur un côté. C'est un ancien latéral, donc il m'explique très bien ce poste et ses enjeux"

 

Comme à la maison 

Aux portes du groupe professionnel, le jeune espoir violet suit les traces d'autres Pitchouns en pleine ascension. Après Issa Diop et Bafodé Diakité, Témitope semble suivre la lignée, avec un point commun tout sauf anodin : "Moi aussi je suis d'ici, je ne peux pas être plus Pitchoun ! Je suis de La Faourette, à cinq minutes seulement du Stadium. Ici, quand je joue, je retrouve les personnes que je croisais tout petit : Nathan (Ngoumou), qui habitait à deux rues de chez moi, mais aussi Seïti (Touré), Derick (Osei Yaw) même s'ils sont partis. Mon quartier n'hésite pas à venir me soutenir à domicile. Certains n'aiment pas voir du monde en tribune(s), moi ça me stimule !". Un soutien et une proximité de tous les instants, certainement à l'origine de sa réussite actuelle : "Ma famille me suit au quotidien, elle vient me voir jouer les week-ends, c'est un vrai plus. Et puis je peux compter sur mon cousin, qui gère tous les à-côtés. Il était même venu à Limoges avec l'équipe de France."

 

Brésil le voilà 

Un entourage présent mais discret, un talent précoce à polir, tous les ingrédients sont donc bien là pour que le finaliste de la Gambardella 2019* continue de nous impressionner. Et il peut ajouter à cette liste non exhaustive de qualités une tête bien faite et une assurance surprenante pour son âge : "C'est vrai que je fais un peu plus vieux que mon âge, on me le dit souvent. Je pense que cela vient du fait que j'ai toujours été habitué à côtoyer des personnes plus vieilles, et à rapidement devoir m'intégrer. J'ai grandi plus vite, et cela se sent aussi sur le terrain. Je ne suis pas du genre à cogiter, et j'essaie de faire en sorte que mon assurance soit partagée par mes coéquipiers". 

Parti cette semaine pour le Brésil, c'est désormais son pays que le garçon s'apprête à fièrement représenter. Et la tâche ne sera pas simple, avec un possible huitième de finale face à l'Espagne, au Cameroun ou l'Argentine : "On sort d'un bon tournoi de Limoges avec dix buts inscrits, donc on y va avec de la confiance et l'envie de faire de belles choses. Si on reste concentrés et sérieux, il n'y a pas de complexes à avoir". Une chose est certaine, Témitope, lui, n'en aura pas. 

*Il n'était pas au Stade de France mais a participé au parcours, notamment lors des premiers tours. 

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