Graine de Pitchouns
- Paul Bonneau

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Publié le 09/10/2019 à 17h30
Modifié le 09/10/2019 à 17h34

Redoutable finisseur, finaliste du championnat U17 en 2018, Paul Bonneau réalise un début de saison tonitruant avec Nicolas Sahnoun et les U19. Un juste retour à la normale après un exercice passé plus compliqué. Portrait de l'avant-centre des Pitchouns.

"Moi, ça a toujours été le but, et rien d'autre". Il suffit de sentir sa frustration après son week-end sans réalisation inscrite pour s'en persuader. Paul Bonneau est un attaquant, un vrai, capable d'enchaîner les pions, comme il le fait actuellement, dès que l'occasion lui en est donnée. Ses statistiques depuis le début de saison ne mentent pas, avec six buts inscrits en sept matchs disputés avec les U19, auxquels il convient d'ajouter une passe décisive.

Retrouver le garçon en tête du classement des buteurs n'est en rien une surprise, lui l'ancienne redoutable gâchette des U17 d'Anthony Bancarel entre 2016 et 2018. Les plus assidus se souviendront évidemment de son incroyable triplé inscrit face à l'Olympique Lyonnais en quart de finale des play-offs U17 (0-5). Tout sauf un coup d'un jour, puisque le natif d'Auch enchaînait le week-end suivant, face à Troyes en demi-finale, par un doublé (4-1).

Machine à buts

Tout a commencé plus au Sud, du côté de Guizérix, où le jeune garçon s'inscrivait au football, à l'âge de cinq ans, pour suivre les traces de son frère aîné : "C'est de lui qu'est venue mon envie de faire de football. Il a été mon exemple." Avec Auch, en U15 deuxième année, Paul inscrira plus de 50 buts  en une seule saison (!), déclenchant ainsi les premières invitations à se rendre aux entraînements du Centre de Formation toulousain. "Au niveau national, le niveau est tellement différent des divisions inférieures dans lesquelles j'évoluais avant. En championnat, chaque duel est une bataille. Il a fallu que je progresse dès mon arrivée"

La suite en violet est linéaire : une première saison U17 déjà intéressante et surtout enrichissante, avec une deuxième place finale accompagnée de ses premiers buts. L'exercice 2017-2018, comme deuxième année, débute timidement. "Je ne l'ai même pas commencé comme titulaire. J'entrais en jeu, puis j'ai gagné ma place au fil des prestations." Et pour cause, sur son passage, Paul explose tout, inscrit une vingtaine de buts, bien aidé par son partenaire sur le front de l'attaque Janis Antiste : "On s'entendait vraiment très bien tous les deux. On se comprenait parfaitement, comme avec l'ensemble de l'équipe. Nous avions une véritable confiance en nous, personnelle et collective." 

 

L'année d'après

Leaders tout au long de la saison, les U17 (génération 2001-2002) écrasent tout sur leur passage, mais chutent en finale face au Rennes d'Eduardo Camavinga (2-0). Paul, lui, voit son parcours s'arrêter après les demies et assiste des tribunes à la défaite des siens : "Les vacances ont aidé à digérer rapidement le parcours et la défaite. Mais la blessure était assez importante, et j'ai mis du temps à revenir. J'ai eu du mal à repartir sur une autre saison".

Alors qu'on s'attend à le voir confirmer en U19 les mois suivants son superbe parcours, la transition s'avère plus pénible qu'espérée. "Il faut voir la saison passée comme une de transition. J'ai eu du mal à me remettre dans une dynamique positive, à retrouver des sensations après ma blessure. Les week-ends sont longs quand tu as marqué autant de buts la saison d'avant et que pendant une longue période tu ne trouves plus le chemin des filets. Après l'hiver, et les nouvelles vacances, je me suis senti beaucoup mieux. Tu apprends aussi des périodes où tu es moins bien." 

 

Nouveau statut 

De retour à un poste fixe d'avant-centre, Paul s'est offert un début de saison à la hauteur de ses espérances. Six buts inscrits, dont deux face à Nice et un contre Saint-Étienne qui font de lui le joueur à surveiller au coeur des défenses adverses. "C'est clair que maintenant je me sens mieux, et j'ai la confiance de mes partenaires. Ils savent que sur chaque duel dans la surface, je peux planter, c'est important. Surtout, je marque face aux gros de notre championnat, c'est un vrai point positif."

Deuxième année U19, Paul doit aussi assumer son expérience, après quatre ans passés sur l'île du Ramier. "Je ne suis pas du genre à parler, mais c'est vrai que je fais maintenant partie des plus anciens au club dans le groupe. Lorsqu'il faut dire des choses, je peux le faire. Je force un peu ma nature."

Chasseur de statistiques 

Plus que par les paroles, Paul agit pour le moment sur le terrain, avec brio. Et si son compteur est déjà bien ouvert, lui se voit encore plus haut, avec une idée bien claire en tête. "Six c'est déjà bien, mais je me fixe mieux. Il y a 26 journées de championnat en U19, donc pourquoi pas aller chercher les 26 buts ? En espérant aussi quelques apparitions en National 3"

Pour parvenir à ses objectifs, l'attaquant violet devra de nouveau performer ce dimanche face à l'AS Monaco, pour un choc attendu de tous. Déjà tombés il y a deux semaines face à Nice à domicile (2-3), les Pitchouns n'ont plus le droit à l'erreur s'ils veulent viser les play-offs en fin de saison. "Je suis persuadé que nous avons les capacités de lutter pour les phases finales. Maintenant, il faut être plus tueurs. Nous avons déjà laissé des points en route par notre faute, à l'extérieur dans des matchs pièges. Nous sommes jeunes, et nous sommes tombés dedans. À nous d'apprendre (Bastia et Cannes)." 

Un succès face aux hommes du Rocher permettrait ainsi au groupe de Nicolas Sahnoun de relancer une dynamique stoppée il y a quinze jours. Quinze, comme autant de jours de frustration pour Paul depuis sa dernière réalisation en championnat. Une déjà trop longue attente pour cet affamé de buts. 

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