Graine de Pitchouns
- Janis Antiste

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Publié le 05/02/2020 à 14h45
Modifié le 05/02/2020 à 14h48

Capitaine du groupe U18 engagé en Coupe Gambardella, Janis Antiste revient à son meilleur niveau après une année 2019 tronquée. Auteur de déjà six buts en 2020, le Pitchoun n'en finit plus de surprendre, et fête aujourd'hui sa première feuille en pros !

C'est un nom déjà bien connu des amateurs toulousains de ballon rond, et il commence à apparaître sur le devant de la scène en ce début 2020. Une nouvelle année attendue pour Janis Antiste, succédant à un épisode 2019 à oublier, principalement marqué par une pubalgie, mal moderne récurrent chez les footballeurs : "J'ai trop longtemps joué avec cette blessure, mais il a fallu que je m'arrête un temps. J'ai ensuite préféré me faire opérer, pour repartir du bon pied au début de cet hiver. Au total, il a fallu compter neuf mois d'absence. Une période très longue, difficile à digérer, mais que j'espère bénéfique pour l'avenir." 

Un choix lourd de conséquences, le privant de la suite du fabuleux parcours en Coupe Gambardella, mais surtout d'une chance de participer au Mondial U17 à l'automne dernier. Depuis, l'espoir violet, passé par Portet avant de rejoindre le TFC à l'âge de 8 ans, entend bien rattraper le temps perdu, et faire de ce premier coup dur un mauvais souvenir fondateur. 

 

Le "buteur à la touffe" 

S'il fut l'un des symboles de la formidable saison 2017-2018 des U17, fort de 21 réalisations et 15 passes décisives et d'une finale en play-offs du championnat national, le jeune homme s'était en réalité déjà illustré plusieurs mois en amont avec les U15, un titre en Coupe du Midi à la clé. Des capacités impressionnantes, rapidement remarquées le long des mains courantes d'Occitanie. 

Si son nom ne revenait pas de suite à la mémoire des spectateurs, sa chevelure proéminente, toujours d'actualité, elle, restait bien ancrée dans les têtes. "C'est vrai que j'entends ces mots là depuis que je suis petit. Je suis le joueur à la touffe (rires). Je ne fais pas ça pour me faire remarquer, mais il faut croire que je suis plus facile à distinguer sur le terrain. Une saison, j'ai même essayé les tresses, et on me surnommait "le joueur aux tresses". C'est comme ça, ça me dérange pas, j'ai l'habitude.". 

 

Une histoire à écrire 

International U16 puis U17 tricolore, récemment sélectionné pour évoluer avec les U18, Janis a depuis retrouvé le chemin des terrains, et presque immédiatement celui des filets. Comme une évidence pour cet attaquant qui, avec Paul Bonneau, formait une paire d'exception : "En U17, sur certains matchs, on se trouvait les yeux fermés, littéralement. Il y avait une série exceptionnelle qui a permis à l'équipe de se qualifier pour la finale. L'histoire était magnifique, avec un groupe super uni, déterminé à gagner tous les week-ends".

Des amis avec lesquels il partage toujours son quotidien, à commencer par son acolyte de toujours, le milieu Gaël Ramade : "Avec lui, il faut le vivre pour le croire. C'est plus que de l'amitié. Nous sommes arrivés au club en même temps, il y a dix ans déjà, et on ne s'est jamais quittés. Quoiqu'il se passe à l'avenir, on sera toujours proches c'est certain. Mais je n'oublie pas non plus Kylian et Noa (ndlr : Lambert et Savignac) avec qui j'évolue depuis très longtemps aussi." 

Précoce (il ne fêtera ses dix-huit ans qu'en août), le garçon compte déjà à son actif plusieurs apparitions en National 3, mais aussi 20 minutes chez les pros, lors de l'amical disputé face à Gérone en octobre 2018. Une petite expérience synonyme, déjà, de statut ? "Bien sûr, dès que tu commences à évoluer en National 3 ou avec les pros, on s'intéresse à toi. Personnellement j'essaie de ne pas y prêter attention. Le brassard en Gambardella, par exemple, je ne m'y attendais pas, mais c'est une belle preuve de confiance de la part du coach. Je ne suis pas du genre à me mettre la pression. Je sais que j'ai encore énormément à apprendre, à prouver. Je ne suis d'ailleurs pas encore au top physiquement."

Alors qu'il n'a disputé que douze minutes en Coupe Gambardella la saison passée (en Vendée), Janis espère bien faire de cette nouvelle édition sienne. "L'équipe a fait un super parcours la saison dernière, et maintenant c'est à nous d'avoir notre mot à dire. On a une génération ambitieuse (2002 et plus), qui veut elle à son tour réaliser un beau parcours." Et après trois tours, l'aventure semble être de nouveau en marche du côté du Centre de Formation.

Vainqueurs à Lyon Duchère ce week-end, pour le compte des seizièmes de finale de la compétition, les Pitchouns connaîtront demain leur adversaire pour le prochain tour. Ce dimanche, ils ont encore fait preuve d'une étonnante maturité pour leur âge, et ce malgré une ambiance plus qu'hostile. Capitaine, Janis compte déjà la bagatelle de six réalisations dans cette "Coupe de France des jeunes", dont un triplé à Rodez. Ajoutons à cela deux autres pions inscrits, avec les U19 (1) et en National 3 (1), le tout pour un bilan de six buts, TCC, déjà, en 2020 !

 

Les buts sur le terrain, le son dans les vestiaires 

Très attentif aux appels d'Edinson Cavani, aux filouteries de Luis Suarez ou au charisme de Zlatan, Janis reconnaît devoir beaucoup aux séances d'Anthony Bancarel avec les offensifs : "Les jeudis, on avait droit à des exercices extrêmement intéressants et formateurs. Le Coach a été un attaquant plus qu'efficace en championnat, donc tous les conseils de sa part sont bons à prendre. On y voyait la position du corps, la gestion des appels, mais aussi le vice à avoir dans certains cas. Tout le panel à avoir pour l'attaquant moderne." 

Du travail qui paie aujourd'hui pour cet offensif jamais rassasié. "Je suis attiré par le but, ça ne s'explique pas. Si on gagne 6-0 mais sans aucun but de ma part, je ne peux pas être complètement satisfait de mon match, c'est comme ça. Je sais que ça peut énerver mes coachs, mais c'est dans ma nature (sourire)."

Buteur ou non, en cas de victoire, Janis est bien souvent - voire toujours - le préposé aux célébrations dans les vestiaires. Un rôle assumé pleinement, avec plaisir : "Je ne sais pas comment cela se fait, mais c'est vrai que je m'y colle très souvent. Pour moi, toutes les victoires sont faites pour être célébrées. Il faut prendre du plaisir dans les succès. Alors, s'il faut diriger le chant, je le fais volontiers." Un plaisir qu'il espère désormais découvrir avec le groupe professionnel, ce mercredi soir dans les vestiaires du Stadium. 

 

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