Graine de Pitchouns
- Janis Antiste

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Publié le 08/01/2020 à 17h00
Modifié le 08/01/2020 à 17h06

Capitaine du groupe U18 engagé en Coupe Gambardella, Janis Antiste revient à son meilleur niveau après une année 2019 tronquée par une pubalgie. À trois jours d'un rendez-vous important à Rodez, présentation du redoutable buteur des Pitchouns.

C'est un nom déjà bien connu des amateurs toulousains de ballon rond, et il pourrait bien rapidement revenir sur le devant de la scène en 2020. Une nouvelle année attendue pour Janis Antiste, succédant à un épisode 2019 à oublier, principalement marqué par une pubalgie, mal moderne récurrent chez les footballeurs : "J'ai trop longtemps joué avec cette blessure, mais il a fallu que je m'arrête un temps. J'ai ensuite préféré me faire opérer, pour repartir du bon pied au début de cet hiver. Au total, il a fallu compter neuf mois d'absence. Une période très longue, difficile à digérer, mais que j'espère bénéfique pour l'avenir." 

Un choix lourd de conséquences, le privant de la suite du fabuleux parcours en Coupe Gambardella, mais surtout d'une chance de participer au Mondial U17 à l'automne dernier. Depuis, l'espoir violet, passé par Portet avant de rejoindre le TFC à l'âge de 8 ans, entend bien rattraper le temps perdu, et faire de ce premier coup dur un mauvais souvenir fondateur. 

 

Le "buteur à la touffe" 

S'il fut l'un des symboles de la formidable saison 2017-2018 des U17, fort de 21 réalisations et 15 passes décisives et d'une finale en play-offs du championnat national, le jeune homme s'était en réalité déjà illustré plusieurs mois en amont avec les U15, un titre en Coupe du Midi à la clé. Des capacités impressionnantes, rapidement remarquées le long des mains courantes d'Occitanie. 

Si son nom ne revenait pas de suite à la mémoire des spectateurs, sa chevelure proéminente, toujours d'actualité, elle, restait bien ancrée dans les têtes. "C'est vrai que j'entends ces mots là depuis que je suis petit. Je suis le joueur à la touffe (rires). Je ne fais pas ça pour me faire remarquer, mais il faut croire que je suis plus facile à distinguer sur le terrain. Une saison, j'ai même essayé les tresses, et on me surnommait "le joueur aux tresses". C'est comme ça, ça me dérange pas, j'ai l'habitude.". 

 

Une histoire à écrire 

International U16 puis U17 tricolore, Janis a depuis retrouvé le chemin des terrains, et presque immédiatement celui des filets. Comme une évidence pour cet attaquant qui, avec Paul Bonneau, formait une paire d'exception : "En U17, sur certains matchs, on se trouvait les yeux fermés, littéralement. Il y avait une série exceptionnelle qui a permis à l'équipe de se qualifier pour la finale. L'histoire était magnifique, avec un groupe super uni, déterminé à gagner tous les week-ends".

Des amis avec lesquels il partage toujours son quotidien, à commencer par son acolyte de toujours, le milieu Gaël Ramade : "Avec lui, il faut le vivre pour le croire. C'est plus que de l'amitié. Nous sommes arrivés au club en même temps, il y a dix ans déjà, et on ne s'est jamais quittés. Quoiqu'il se passe à l'avenir, on sera toujours proches c'est certain. Mais je n'oublie pas non plus Kylian et Noa (ndlr : Lambert et Savignac) avec qui j'évolue depuis très longtemps aussi." 

Précoce (il ne fêtera ses dix-huit ans qu'en août), le garçon compte déjà à son actif plusieurs apparitions en National 3, mais aussi 20 minutes chez les pros, lors de l'amical disputé face à Gérone en octobre 2018. Une petite expérience synonyme, déjà, de statut ? "Bien sûr, dès que tu commences à évoluer en National 3 ou avec les pros, on s'intéresse à toi. Personnellement j'essaie de ne pas y prêter attention. Le brassard en Gambardella, par exemple, je ne m'y attendais pas, mais c'est une belle preuve de confiance de la part du coach. Je ne suis pas du genre à me mettre la pression. Je sais que j'ai encore énormément à apprendre, à prouver. Je ne suis d'ailleurs pas encore au top physiquement. Quatre matchs pleins après neuf mois sans football, ce n'est pas suffisant."

Alors qu'il n'a disputé que douze minutes en Coupe Gambardella la saison passée (en Vendée), Janis espère bien faire de cette nouvelle édition sienne. "L'équipe a fait un super parcours la saison dernière, et maintenant c'est à nous d'avoir notre mot à dire. On a une génération ambitieuse (2002 et plus), qui veut elle à son tour réaliser un beau parcours. Déjà, on devra sortir une grosse prestation à Rodez. On se sait attendus pour ce trente-deuxième de finale. Il suffit de voir l'implication que met au quotidien notre Aveyronnais Killian (ndlr : Corredor) pour voir ce qui nous attend dimanche."

Pour faire bonne figure, et passer un nouveau tour, l'inspiration ne sera pas à aller chercher bien loin. Au tour précédent, alors qu'on leur promettait la guerre à Bayonne, les Pitchouns sortaient vainqueurs par KO, par un score large de six buts à deux. L'occasion pour notre buteur de s'offrir ses deuxième et troisième buts de la saison. 

 

Les buts sur le terrain, le son dans les vestiaires 

Très attentif aux appels d'Edinson Cavani, aux filouteries de Luis Suarez ou au charisme de Zlatan, Janis reconnaît devoir beaucoup aux séances d'Anthony Bancarel avec les offensifs : "Les jeudis, on avait droit à des exercices extrêmement intéressants et formateurs. Le Coach a été un attaquant plus qu'efficace en championnat, donc tous les conseils de sa part sont bons à prendre. On y voyait la position du corps, la gestion des appels, mais aussi le vice à avoir dans certains cas. Tout le panel à avoir pour l'attaquant moderne." 

Du travail qui paie aujourd'hui pour cet offensif jamais rassasié. "Je suis attiré par le but, ça ne s'explique pas. Si on gagne 6-0 mais sans aucun but de ma part, je ne peux pas être complètement satisfait de mon match, c'est comme ça. Je sais que ça peut énerver mes coachs, mais c'est dans ma nature (sourire)."

Buteur ou non, en cas de victoire, Janis est bien souvent - voire toujours - le préposé aux célébrations dans les vestiaires. Un rôle assumé pleinement, avec plaisir : "Je ne sais pas comment cela se fait, mais c'est vrai que je m'y colle très souvent. Pour moi, toutes les victoires sont faites pour être célébrées. Il faut prendre du plaisir dans les succès. Alors, s'il faut diriger le chant, je le fais volontiers." Un plaisir qu'il espère partager de nouveau dès dimanche, avec ses amis, pour une nouvelle qualification. 

 

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