Graine de Pitchouns
- Ilies Soudani

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Publié le 22/01/2020 à 15h45
Modifié le 23/01/2020 à 09h54

Finaliste de la Coupe Gambardella la saison passée, Ilies Soudani évolue depuis maintenant presque dix ans sous la tunique violette du TFC. À une semaine de son vingtième anniversaire, portrait de cet élégant meneur de jeu, toulousain pur souche. 

Dans une semaine, jour pour jour, Iliès Soudani soufflera sa vingtième bougie. Un événement évidemment important pour ce Toulousain de naissance, plus que jamais attaché au Centre de Formation violet. Sa "deuxième maison", dont il connaît chaque recoin, fort de dix années passées en son sein, débarqué dès l'âge de dix ans du club voisin de l'AS Muret.

Hasard ou coïncidence, c'est justement face à l'AS Muret qu'ilies s'est offert une réalisation le week-end dernier, pour la treizième journée de National 3, son nouveau terrain de jeu. "Marquer face à mon ancien club, le seul avant le TFC, c'était un bon moment pour moi et un joli clin d'oeil. La National 3, c'est un championnat vraiment accrocheur, alors, pour pouvoir exister, il faut faire un peu de stats. Marquer était important. Petit, j'étais très attiré par le but, je marquais à tous les matchs. Désormais, je cherche davantage à réaliser le beau geste."

 

Joue-la comme Fodé 

Comme tout bon Pitchoun qui se respecte, le garçon a multiplié les matchs dans les gradins du Stadium à supporter le groupe pro. Bien sûr, à ce petit jeu, chaque jeune du Centre de Formation garde précieusement un souvenir en particulier. La gourmandise du garçon date précisément de la saison 2006-2007, et un but d'anthologie signé Fodé Mansaré face au Paris Saint-Germain : "Je me souviens très bien de ce but, face à PSG qui jouait ce jour-là en marron. Il avait enchaîné énormément de dribbles, et à la fin il avait gardé la lucidité pour marquer. C'est ce beau but qui me reste en mémoire. Et puis, j'aimais beaucoup Fodé Mansaré, sa capacité à dribbler et effacer ses adversaires. Avec lui, il y avait du spectacle !"

Dribbler, effacer et prendre du plaisir sur le terrain, c'est en quelques mots résumés le credo d'Ilies sur les terrains, bien aidé par une qualité technique depuis longtemps reconnue. A bientôt 20 ans, l'âge de raison serait-il arrivé pour le garçon ? Toujours est-il que celui-ci ne se cache pas au moment de réaliser son auto-critique : "Mon jeu peut être agréable à observer, oui, quand je suis dans un bon jour. Si mes tentatives ne passent pas, et que rien ne me réussit, je peux rapidement déjouer. C'est dans cette optique que je travaille : être plus présent au coeur du jeu, davantage demandeur pour aider à construire les attaques de mon équipe, sans pour autant renier à tenter un geste décisif si le moment s'y prête." Une implication plus importante observée ces dernières semaines, et (logiquement ?) récompensée par sa réalisation face à Muret. 

 

"Un grand ouf de soulagement"

Plus que des petites modifications sur le terrain, c'est bien une remise en cause plus globale qu'a réalisé Ilies ces derniers mois. La faute à de trop régulières blessures. "Ces dernières saisons, je n'ai pas réussi à enchaîner les rencontres sur de longues périodes. Il m'arrivait souvent de contracter des petits pépins, ou d'être à court de forme. Je n'ai pas eu trop le choix, je me suis remis à travailler, mais j'ai surtout fait bien plus attention à mon alimentation, mon sommeil, tous les aspects de la vie d'un vrai footballeur professionnel." Un déclic, amorcé en cours de saison dernière, et récompensé par son intégration au sein du groupe Gambardella. Entré en jeu face au Havre AC (6-0) en quart de finale, le milieu est retenu par Jean-Christophe Debu pour la demi-finale, face à Montpellier, le 8 avril 2019. 

 

Onze ans après l'exploit de Fodé Mansaré, c'est au tour d'Ilies de fouler (enfin) la pelouse du Stadium. Entré en jeu dans les ultimes instants de la partie, le voici nommé pour frapper le cinquième tir au but des Pitchouns. Alors qu'il a la balle de la qualification pour le Stade de France dans ses pieds, le Pitchoun voit sa tentative repoussée le portier héraultais, Cozzella. "Des moments aussi stressants, tu les vois à la télévision en te disant : "moi aussi je veux tirer le penalty de la gagne". Seulement, quand ça rentre pas, toute la pression arrive sur toi en quelques secondes. Et tu n'es pas bien du tout. Heureusement, derrière Thomas (ndlr : Himeur) a assuré. C'était très chaud, et je me suis senti pendant un moment mal, mais je retiens avant tout l'aventure dans son ensemble qui fut vraiment merveilleuse pour le Centre de Formation"

 

L'oreille tendue 

Désormais privé du championnat U19, trop âgé, les uniques rencontres de championnat d'Ilies se concentrent exclusivement sur la réserve. Un championnat qui le voit défier des adversaires souvent plus âgés, complets physiquement, le tout avec de nombreux week-ends offs à bien appréhender : "En jouant une fois tous les quinze jours, et parfois trois semaines, il faut rester très sérieux le reste du temps, notamment aux entraînements."

D'autant que du haut de ses dix-neuf printemps, le garçon ferait presque office de cadre, lui qui a plusieurs fois porté le brassard avec les U19 en fin de saison passée. "Je ne suis pas du genre a forcément prendre la parole tout le temps. Ce n'est pas mon tempérament. En revanche, mes partenaires n'ont aucun mal à venir me parler, et échanger, je suis à l'écoute." Dans une semaine tout pile, nul doute qu'Ilies prendra une nouvelle fois le temps d'écouter ses partenaires. Pas de considération tactique en prévision cette fois, mais plutôt des "joyeux anniversaires" en pagaille. 

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