Graine de Pitchouns
- Gaël Ramade

Partager l'article
Publié le 15/01/2020 à 15h21
Modifié le 16/01/2020 à 12h10

Originaire de Nailloux, le milieu de terrain Gaël Ramade ne cesse de gravir les échelons, et multiplie les apparitions avec la National 3 à seulement 17 ans. Ce mercredi, rencontre avec cet authentique milieu de terrain, cadre du groupe Gambardella. 

"Rien n'est trop difficile pour la jeunesse" disait Socrate. Impossible de savoir si un jour Gaël Ramade s'intéressera de près à la philosophie, mais cette citation semble déjà lui coller à la peau. Il faut dire qu'en termes de précocité, les chiffres parlent d’eux-mêmes. C’est à seulement seize ans que le milieu de terrain violet a fait ses débuts en National 3, la saison dernière. Une performance rare, mais finalement logique à mesure que l’on apprend à connaitre le garçon. Un caractère bien trempé, tout droit venu de Nailloux, aux portes de l'Ariège, déterminé à réussir : «Je suis très critique envers moi-même, et mes performances. C’est une qualité, mais elle peut aussi me porter me préjudice. Je veux être le plus performant possible, quelle que soit la catégorie au sein de laquelle j’évolue.»

Des premières apparitions en National 3 effectuées sous le coaching de Denis Zanko, et bénéfiques pour la suite de la progression du garçon, qui veille à ne pas brûler les étapes. «Il ne faut pas croire qu’une fois tes premières minutes en National 3 réalisées, les rencontres U19 deviennent plus simples. Les oppositions face à des centres de formations sont bien différentes, avec des équipes extrêmement bien organisées tactiquement. Aujourd’hui, avec l’expérience des rencontres en N3, je peux y ajouter une certaine densité physique. Tout cela me permet d’être en avance sur mes adversaires. Je n'ai pas le plus grand gabarit, mais sur le terrain, c'est la tête qui parle et prend les bonnes décisions.»

S’il rayonne en numéro 6, le Pitchoun, arrivé à l'âge de huit ans au club, est aussi capable d’apporter son aide un peu plus haut, sa qualité de passes s’avérant bien précieuse, notamment à destination de son partenaire et ami Janis Antiste. « Mon poste préférentiel, c’est numéro 6, seul devant la défense, avec la mission de récupérer les ballons et dicter le jeu de mon équipe. Ma volonté, c’est de continuer à apprendre à jouer propre, et surtout juste. Réaliser le geste nécessaire et utile au bon moment, c’est mon axe de progression majeur avec mes coachs.»

Un objectif avoué pour cet éternel milieu de terrain, tenté plus jeune de « trop en faire ». En guise d’exemple, l’international U16 français (une sélection en 2018) pioche désormais volontiers dans les prestations de Marco Verratti, au gabarit proche, mais aussi du côté du FC Barcelone et de Frenkie De Jong : « A ce poste, c’est la référence aujourd’hui à mon sens. Il est utile dans la récupération et l’utilisation du ballon, en se fiant à ses qualités techniques impressionnantes».

 

L’ombre lui va si bien

Souvent décisif au coeur du jeu, Gaël n’est pourtant pas le premier à être mis en avant par les journalistes ou observateurs dans leurs résumés de matchs. Une incohérence dont le garçon s’est fait depuis longtemps une raison, voire une force : "Sincèrement, cette situation me va très bien comme ça, je préfère rester dans l’ombre. Même à 5 ou 6-0, je ne suis pas le joueur désireux d'aller inscrire mon but pour voir mon nom apparaître". Un relatif anonymat qui colle parfaitement à ce passionné de nature, chasseur à ses heures perdues avec son grand-père.

Sitôt le coup de sifflet final donné, trente minutes lui suffisent pour retrouver son terroir, et sa famille. "J'aime la nature, me promener et me ressourcer. J'ai ce besoin sans doute de me retrouver au calme, avec les miens." Un tempérament finalement bien loin du quotidien de ses partenaires, davantage tournés vers le cinéma, la musique ou les séries. "Honnêtement, je pense que j'ai plus un caractère de rugbyman que de footballeur, je me reconnais même plus dans ces valeurs. J'aime le rugby, mon meilleur pote y joue et il m'arrive d'aller le voir. Pour moi, l'important, c'est la famille, la nature et les amis."

Une famille à la base de son amour pour le football, son père n'étant autre que son premier entraîneur, à Nailloux. Et si le milieu réside au Centre de Formation en semaine, les siens ne sont jamais bien loin. "Mon père, ma mère, ma soeur et même parfois ma grand-mère font les déplacements. Je ne suis jamais seul, il y a toujours un proche derrière les mains courantes, au Stadium comme à l'extérieur."

 

Des printemps souvent chantants

Demain jeudi, nul doute que Gaël et ses partenaires seront attentifs au tirage au sort des seizièmes de finale de la Coupe Gambardella. Avec l'espérance de tirer une belle proie à domicile ? "C'est une ambition commune depuis le début du parcours. Organiser à notre tour une belle fête au Centre de Formation, comme cela avait pu être le cas l'année dernière face à Tours et au Havre." Gaël connaît particulièrement bien le sujet, auteur de deux apparitions la saison dernière dans la compétition, avant de devoir laisser sa place sur blessure. Une expérience faisant de lui, naturellement, un joueur écouté dans les vestiaires : "Je n'ai pas besoin du brassard pour prendre la parole, mais depuis les U9, les coachs me le donnent presque systématiquement. Aider les autres par les discours, j'apprécie."

Le garçon, habitué des fins de saison à enjeux, espère bien connaître de nouvelles émotions au mois de mai prochain. Double vainqueur de la Coupe du Midi (2016-2017), finaliste du championnat U17 (2018), il ne vise rien de moins qu'un voyage à Saint-Denis dans cinq mois. "Le Stade de France, j'y pense déjà, c'est vrai. Ce sera dur, mais nous devons être ambitieux. On a commencé à créer un groupe sur ces deux premiers tours (à Bayonne et Rodez). On ne peut pas s'arrêter en si bon chemin. Je prends l'exemple des U17 il y a deux ans : on était peut-être pas les meilleurs individuellement, mais on avait une cohésion énorme." 

Pour espérer rejoindre la Capitale, plusieurs victoires seront encore nécessaires au jeune groupe de Nicolas Sahnoun, dont certaines, inévitablement, loin de la Ville rose. Qu'importe la destination, Gaël sait déjà qu'il pourra compter sur l'appui des siens. 

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience. Vous pouvez modifier les réglages de votre navigateur à tout moment. En savoir plus