Graine de Pitchouns
- Anthony Rouault

Partager l'article
Publié le 18/10/2018 à 15h00
Modifié le 18/10/2018 à 15h00

Homme fort de l’exceptionnel parcours de nos U17, vice champions de France en titre, Anthony Rouault évolue désormais (presque) à plein temps sous les ordres de Jean-Christophe Debu avec le groupe des Pitchouns. Portrait de cet attachant défenseur central.

Il n’a pas douté un seul instant, lorsqu’à l’été 2016, le TFC lui a proposé un premier test. Âgé alors de 15 ans, le jeune homme n'évoluait que depuis une petite saison sous les couleurs de FC Marmande 47. Club phare du Lot-et-Garonne, le FCM 47 avait su convaincre Anthony de quitter son club de Saint-Colomb-de-Lauzun (à prononcer avec l’accent), au sein duquel il avait tout appris, coaché un temps par son propre père. Un paternel qui, en plus de lui transmettre le virus du ballon rond, en a profité pour y ajouter la fièvre violette. «Marmande et Saint-Colomb sont plus proches de Bordeaux. Mes amis étaient tous fans des Girondins, mais pas moi. J’ai davantage grandi avec les Elmander, Sissoko etc… Aujourd’hui, je me retrouve les week-ends à prendre le bus avec d’anciens joueurs qui ont marqué le club."

Si deux petites heures séparent seulement le Centre de Formation du domicile du garçon, la transition entre Marmande et Toulouse s’avère difficile. Premier grand départ, premiers doutes. Il faudra finalement quelques jours de réflexion, accompagnés de discussions pour qu’Anthony choisisse de se lancer définitivement dans l’aventure. Le voici désormais pour de bon sur l’île du Ramier. Un choix qu’il est loin de regretter aujourd’hui. «Les premières semaines ont été compliquées. Les cours n’avaient pas repris, j’étais loin de ma famille, et je n’étais pas complètement intégré. Je n’étais certainement pas le seul, mais il a fallu être costaud dans la tête. C’était un nouveau départ pour moi, et j’étais jeune. Peut-être que je me suis aussi moi-même renfermé. Mais une fois revenu, tout est allé beaucoup mieux.»

Tête haute

En l’espace de quelques semaines, Anthony découvre un nouvel environnement, mais également un nouveau poste. L’ancien milieu de terrain de (pré)formation du côté de Saint-Colomb se mue en défenseur central sous les couleurs violettes. Aucune surprise à le voir aujourd'hui s'inspirer de Raphaël Varane, et jouer systématiquement avec la tête haute, l’anticipation étant l’une de ses principales forces. «C’est vrai qu’avec mes années passées au milieu de terrain, j’ai aujourd’hui l’avantage d’avoir le jeu devant moi. Je connais l’importance de la bonne passe donnée au coeur du terrain. Mine de rien, je me suis rapidement fait à ce nouveau poste, à ses demandes. Il me manque encore aujourd'hui une certaine dimension physique, et un peu de vitesse. Ce sont je pense mes principaux axes de progression»

A l’aise dans les airs comme balle au pied, le garçon progresse rapidement, et peut compter sur son compère Lucas Cazenave pour former une charnière solide et décisive dans les deux surfaces. «Avec Lucas, tout se passe vraiment très bien. Il est nécessaire dans une charnière d’avoir des automatismes pour être capable d’enchaîner les performances. Nous les avons ensemble, sur et même en dehors du terrain, puisque nous partageons également la même chambre (rires).»

L’année d’après

D’automatismes, il en aura été question tout au long d’une saison 2017-2018 riche en émotions et rebondissements pour Anthony et les U17. D’abord organisés autour d’une défense de fer, avec seulement deux buts encaissés lors des neuf premières rencontres de championnat, les Violets enchaînent les succès. Et lorsqu’elle ne parvient pas à s’imposer, l’équipe arrache les nuls, parfois dans les derniers instants. Illustration : bousculés par Nice, le groupe d’Anthony Bancarel égalise au cours du temps additionnel. Le sauveur s’appelle alors Anthony Rouault (il en inscrira trois au cours de la saison). "C’est un bon moment c’est certain pour moi. Mais la saison a vraiment été énorme pour tout le monde. Nous avions l’ambition d’aller aux play-offs, et de terminer premiers. Objectif atteint. La saison d'avant, on avait fait une belle performance, mais Monaco nous avait devancés au classement. On a très bien commencé, et l’équipe a été énorme par la suite. Moi, je suis allé avec les U19 un temps, me suis blessé, avant de revenir un peu avant la fin de saison. Cette aventure, nous ne sommes pas prêts de l’oublier, mais il faut savoir passer à autre chose pour continuer de progresser.»

Le parcours envoie à la fin du printemps le TFC aux play-offs. Le premier choc voit nos joueurs se déplacer à Lyon. Loin de faire peur à Janis Antiste, Paul Bonneau et les autres. Les Pitchouns s’imposent 0-5 et marquent les esprits. La demi-finale parfaitement gérée contre Troyes, nos joueurs prennent alors la direction de Canet-en-Roussilon pour une finale face à Rennes. La troisième défaite de la saison (seulement !) privera finalement les Violets du titre de champion de France tant convoité. Immense regret pour Anthony, qu’il a fallu évacuer. «C’est clair que plus tu avances, plus tu te mets à y croire. Nous étions vraiment très forts, parce que grâce aux coachs, nous étions ambitieux semaine après semaine. Une victoire ne nous suffisait jamais. Comme contre Lyon, à 0-2 on aurait pu s’arrêter. On finit à 5 (rires). Il manquera toujours le titre au bout, mais le parcours a été formateur pour chacun de nous. Il faut que nous gardions cela pour l’avenir. Après, j’ai eu aussi mon bac (de français) à préparer. Les vacances ont été très importantes, pour moi, pour retrouver ma famille, et mes amis. Nous savons que cette saison sera différente pour tous ».

Le 18ème homme

A la reprise, Anthony intègre pleinement le groupe des Pitchouns, en compagnie de ses amis Lucas Cazenave, Moussa Diarra et Terai Brémond. Aucune nouveauté pour lui, déjà surclassé la saison passée. Le début de saison quasi-parfait permet aux hommes de Jean-Chirstophe Debu de truster de nouveau le haut du tableau, malgré un revers "formateur" face à l'Olympique de Marseille. A l'instar de l'exercice précédent, l'ambition est de mise du côté du Centre de Formation. "Je connaissais le niveau U19, avec quelques apparitions la saison passée. Tout va un peu plus vite, les duels sont plus francs. Nous avons une belle équipe, et donc de l'ambition, mais il nous reste encore beaucoup de choses à apprendre. On a pu le voir contre Marseille, où nous avons donné le match, peut-être par excès de confiance. Comptablement, l'opération ne fut pas bonne, mais je pense que chacun de nous a appris de ce match. N'oublions pas que la Coupe Gambardella débute bientôt. Elle sera un vrai objectif pour nous. Les play-offs U17 disputés la saison dernière doivent nous aussi servir à bien appréhender ces rendez-vous". 

Puisque tout réussit au garçon, Anthony a également fêté son premier groupe avec les professionnels alors de la récente de la trêve internationale. Une victoire des Toulousains sur les Espagnols de Gérone (0-1). Si le garçon n'est pas entré en jeu, le moment restera gravé dans sa mémoire, en espérant un nouvel appel dans un futur proche."Sincèrement, je n'avais plus fait de groupe sans entrer en jeu depuis les U16 (rires). Mais en arrivant, tu comprends que tu passes dans une autre dimension. Nous avons la chance de réaliser des oppositions face au groupe pro les mercredis. Ce sont de vrais rendez-vous intéressants, productifs pour les pros et formateurs pour nous jeunes. Intégrer le groupe professionnel, même en amical, c'est un petit clin d'oeil qui te fait dire que tu es sur le bon chemin. C'est toujours bon à prendre ! Je sais encore ce qu'il me reste faire pour continuer de progresser, et gratter des minutes un peu plus haut."

Ce week-end, Anthony pourrait prendre la direction de la Riviera pour aller défier l'OGC Nice, face auquel il avait marqué la saison passée. Une dernière rencontre d'un premier tiers intense de championnat, avant des petites vacances méritées. L'occasion pour lui de retrouver son Lot-et-Garonne et sa famille ! 

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience. Vous pouvez modifier les réglages de votre navigateur à tout moment. En savoir plus