"Au coup de sifflet final, on
était champions du Monde !"

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Publié le 24/04/2019 à 18h30
Modifié le 25/04/2019 à 18h49

Il est celui qui a tué les derniers - infimes - espoirs lyonnais quatorze ans plus tôt. Auteur du cinquième but des Pitchouns lors de la finale 2005, Xavier Pentecote se souvient du large succès toulousain au Stade de France, à trois jours de TFC - ASSE

 

Xavier, on est désormais à trois jours de la finale de la Coupe Gambardella édition 2019. Te souviens-tu de la préparation de votre génération, en 2005 ? 

C'est assez paradoxal mais je n'ai pas énormément de souvenirs de l'avant-match, de la préparation. Ceux du match et de la joie derrière ont largement pris le dessus. Je me rappelle en revanche d'un groupe soudé dès le début de la semaine, déjà prêt à disputer cette finale. Les joueurs et le staff ne voulaient vraiment aucune faille, et mettaient tout en ordre pour se présenter dans la meilleure des formes au Stade de France. 

 

Un mois avant la finale, à Bastia (2-1), tu disputais tes premières minutes avec le groupe professionnel. Ton statut était-il un peu différent de celui de tes partenaires ? 

Non, pas spécifiquement. Je ne prenais pas cette finale avec cette notion de redescendre avec les jeunes. C'était même plutôt l'inverse : les jeunes étaient mon quotidien, et j'avais eu la chance de "monter" avec les professionnels. `Je sortais en plus d'une bonne dynamique, et je pouvais jouer avec mes amis une finale de Coupe, qui plus est au Stade de France. J'ai attaqué ce match confiant, sans aucune pensée négative. 

 

De l'autre côté, Lyon faisait aussi appel à des jeunes habitués de l'équipe professionnelle : Ben Arfa et Benzema... 

Ils étaient attendus par tout le monde ! Comparées à ces joueurs, nos expériences avec Kévin (ndlr : Constant) ne pesaient pas bien lourdes. On était inconnu au bataillon. On savait qu'ils avaient la possibilité de faire la différence à tout moment. Depuis leur quinze ans, la France parlait de ces deux phénomènes. Mais, comme on a pu le dire tant de fois, c'est le collectif qui a fait la différence ce jour-là. En face, ils n'avaient certainement pas eu la bonne attitude durant leur préparation. Ben Arfa et Benzema, peut-être qu'eux ont justement pris cette finale comme une "descente" avec les jeunes. 

 
Vient l'heure du match, et un premier tacle de ta part dans les pieds d'un défenseur au bout de la troisième minute seulement.

Oui, je m'étais mis pour cette rencontre dans un rôle un peu ingrat (rire). Ce tacle, d'entrée, était un bon signal pour le groupe. Mais je crois que chaque joueur a, à un moment dans ce début de match, été l'auteur d'un bon signal. L'attitude a été irréprochable de la part de l'équipe. Même moi, loin du grand défenseur dans l'âme, je me suis mis à aller contrer les relances adverses. 

 

Cette force collective se ressent-elle sur le terrain dès les premiers instants ? 

Pas immédiatement, même si l'impression de base nous amène à penser qu'on est dans le droit chemin. La satisfaction arrive après le premier, et surtout le deuxième but. Là, on se dit qu'il se passe quelque chose de très intéressant. Que tout tourne en notre faveur. On a le contrôle, on défend bien, on attaque en nombre. Ce qui est incroyable, c'est aussi notre réaction à la mi-temps, alors que le score est fait (4-0), on ne lâche rien. Au retour des vestiaires, on repart à 0-0. 

 

Aujourd'hui, quatorze ans après, comment tu décrirais le match si tu le voyais pour la première fois ? 

Vu l'âge qu'on avait, et quand je vois aujourd'hui ce que des garçons de 17 ans sont capables de faire sur un terrain, je nous trouve très matures. C'est assez fou. On aurait pu très vite s'enflammer. À 4-0, rien n'était encore fait pour nous. 

 

Et le 5-0, de retour de pause, il est pour toi ! 

Oui, c'était chouette ! Et puis, j'étais attaquant, mais je n'avais pas marqué sur les quatre premiers, c'était mon tour (rires). Frappe croisée, bien placée, efficace, c'était un peu le symbole de notre match. C'est aussi un but qui compte pour moi comme pour l'équipe. Histoire de rappeler qu'on avait gagné la première mi-temps, largement, mais qu'on ne lâcherait pas la deuxième aussi facilement. Et puis, à 5-0, c'est fini. 

 

À 5-0, puis à 6-0, tu as le temps de profiter sur la pelouse ? 

Alors là, impossible de te le dire, je n'ai plus de souvenirs de ces dernières minutes. J'imagine qu'on a dû un peu se relâcher. Mais on devait sans doute préparer la soirée derrière (rires). Le souvenir de cette fin de match, c'est le stade qui se remplit au fil des minutes. Parce qu'il faut le dire, au début, il n'y a vraiment personne. À la fin, en revanche, les tribunes sont garnies. À ce moment-là, on s'imagine gagner la vraie Coupe de France. 

 

Le coup de sifflet final, ça se passe comment ? 

C'est la classique, tu célèbres avec tes partenaires, le staff, tes amis, la famille. Le stade est presque plein, et tu n'as plus envie de quitter la pelouse. À cet instant, et quand tu reçois la Coupe, tu as vraiment l'impression d'être champion du Monde, au Stade de France ! C'était le premier moment de notre carrière, amateure, vraiment unique. Célébrer ce titre, c'est sans doute le ou l'un des meilleurs moments de la mienne. On était dans un stade presque plein, face à des phénomènes largement favoris. Et dans les vestiaires, on a continué, avec des moments tout aussi inoubliables. 

J-3 avant la finale de Coupe Gambardella de nos U19 au Stade de France face à l'AS Saint-Étienne. Tous les soirs, leurs aînés partagent leur recette sur tfc.info.

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